Grâce aux indications de Fred, on trouve facilement le départ. On est à l’ombre et le rocher est froid. L’itinéraire tracé sur le topo ne me semble pas très logique : il me semble qu’il y a une ligne plus facile. Je m’en convaincs encore plus en regardant Jasmin grimper en tête, et, quand vient mon tour, je grimpe où bon me semble.
Jas dans la première longueur :

Je fais ensuite la deuxième longueur, avec un départ un peu délicat et impressionnant pour sortir de la niche dans laquelle était le relais, puis un long système de cannelures verticales, qui offrent peu de protections et dans lesquelles il faut louvoyer pour trouver le passage le moins difficile. J’aime pas trop les cannelures, mais je m’en tire bien. On arrive ensuite sur une pente plus faible, et j’enchaîne avec la longueur suivante pour essayer de faire relais au pied des difficultés. Avec la cassure de la pente, la communication est difficile et je ne sais pas trop quand Jasmin part à corde tendue. Je fais relais et il me rejoint sans problème.
On prend quelques anneaux de buste pour limiter le tirage, puis Jasmin repart en tête, avec l’intention de progresser à corde tendue et d’enchaîner les deux prochaines longueurs. Il progresse d’abord en terrain facile, puis sur du rocher plus délicat, et fait finalement relais sous un petit mur, au pied des dernières longueurs.
Jas au début de la deuxième partie de la voie :

J’enchaîne les deux longueurs suivantes : le petit mur raide juste au-dessus du relais (où ce pourri de Jas m’accuse d’avoir fait du « French Free » parce que j’ai accidentellement touché une dégaine avec le pied), puis un petit surplomb dans lequel on doit tirer sur un bloc coincé (tiendra? tiendra pas? il tient…) et enfin un beau dièdre (miam!). Je fais relais juste en dessous du petit col situé entre les deux « oreilles ».
Jas à la sortie du petit surplomb :

Jasmin termine la voie. D’en haut, on entend Cindy crier ses indications à Fred « avale la corde! », mais on a beau les appeler, ils ne nous entendent pas.
La photo de sommet :

On fait la descente en désescalade, sauf un passage où il faut poser un rappel. C’est un exercice nouveau pour Jasmin, mais ça ne lui pose pas problème. Il apprend vite, le jeune! Il a aimé la progression à corde tendue, l’efficacité que ça permet, et ça ne l’a pas particulièrement stressé. Globalement, il semble bien content : première voie en montagne, progression à corde tendue, bonne désescalade… Que du bon!
De retour au camp, on cuit une bonne casserole de riz préparé; on profite aussi du soleil et du vent pour vider la tente et la retourner pour la faire sécher. Puis on mange, à nous deux, quatre portions de riz.
Après le retour de Fred et Cindy, on part prendre les prédictions météo au refuge. Bonne nouvelle : grand beau demain! Du coup, on part repérer l’approche de la voie Snowpatch, sur l’aiguille du même nom. En effet, l’approche normale se fait via le refuge, 200m de descente qu’il faut ensuite reprendre pour monter au col où se situe l’attaque – on cherche une approche directe. On trouve finalement un itinéraire en traversée qui devrait nous permettre de faire l’approche efficacement. En rentrant au camp, on aperçoit une magnifique chèvre de montagne, en fait un énorme bouc de montagne, qui prenait le soleil sur un gros rocher. Plus tard, un voisin nous donne des indications supplémentaires pour l’approche. J’irai avec Fred, pendant que Jas et Cindy iront faire Surf’s Up, également sur Snowpatch.

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