Après une courte approche, on arrive au pied de la paroi, et le rocher a un peu séché :) Le temps de manger un morceau et on peut y aller. Vincent, Thibault et moi partons dans Foetus, une belle voie de 8 longueurs, pas trop dure, parfaite pour un premier jour, qu’on grimpe en réversible. L’itinéraire contourne les rares zones de calcaire encore mouillé!
Thibault dans la voie :

Vincent dans le même passage :

Le lendemain, on fait une plus longue approche pour aller sur le Grand Marchet, où on veut faire la voie Méli-Mélo. Je suis en cordée avec Christine, nouvelle venue au club. J’ai pas un moral très fort, et je choisit une « variante » facile pour la première longueur, puis je souffre un peu dans le pas dur de la troisième. Après une quatrième longueur sans problème, Christine fait la cinquième longueur en tête, dépasse le relais et, sans doute inspirée par le nom de la voie, redescend jusqu'au relais en laissant un méli-mélo de corde. J’enchaîne la courte sixième et la septième (et dernière) longueurs. Dans le dièdre final, je me place mal, trop au fond, pour mettre une protection, et je ne trouve pas mieux à faire que de tirer au clou pour me remettre dans l’axe… Passons… La descente se fait en rappel dans un couloir plein de pierres instables, mais les ancrages sont protégés sous de petits surplombs bien utiles. Belle voie avec beaucoup d’ambiance : on voit le petit Arcelin, des randonneurs, et un bouquetin qui est resté en bas pendant toute notre ascension – j’imagine ses commentaires peu charitables à propos de mes maladresses...
Les randonneurs et le bouquetin :


En haut de la voie :

Le 16 juillet, tout le monde est un peu ramolli. Il faut dire que la « facile randonnée glaciaire », promise par les guides à ceux qui les ont suivi la veille, s’est transformée en marathon alpin, et tout le monde est revenu cuit. On cherche donc une voie « pas trop longue, pas trop dure et près de la route », et on trouve l’Éperon de Rognaix, complètement dans le fond de la vallée – avec vue sur l’autoroute et la voie ferrée… J’y vais avec Olivier et Christine.
L’approche est en effet assez courte, les pas d’escalade intéressants et parfois délicats. Globalement une belle voie malgré le décor « fond de vallée », la présence de nombreux arbres (un relais sur deux est sur arbre) et la descente un peu glissante (boue et feuilles mouillées).
L'itinéraire de la voie :

Olivier dans la voie :

Après une journée de repos, je repars le 18 juillet avec Christine, Jean-Jacques et sa fille Alice (avec qui j’avais fait Les Prédateurs l’an dernier) pour grimper à la Grande Val, au-dessus de Courchevel. C’est une belle paroi, sur laquelle on fait une voie de 6 longueurs – Edelweiss, sans doute ainsi nommée parce qu’on y trouve cette fleur en grande quantité. Journée de repos pour moi : Christine veut grimper en tête. Je peux donc profiter de la présence de Jean-Jacques et d’Alice, que je connais depuis longtemps mais que je ne vois que lors de ces stages d’été.
Les edelweiss qui donnent leur nom à la voie :

Alice dans la voie :

Alice et Jean-Jacques en haut de la voie :

Le 19 juillet, on repart pour une course plus longue : la traversée de l’Aiguille de la Vanoise. C’est pas difficile, mais faut pas traîner : deux heures d’approche, une bonne montée sur une arête, suivie d'une longue traversée plus ou moins horizontale de l’Aiguille, et enfin quelques longueurs de désescalade. On est un groupe de 12 (oui, douze!) répartis en quatre cordées de trois. Je grimpe avec Martine et Véronique, que je connais depuis longtemps mais avec qui j’ai rarement grimpé. Je sais qu’elles grimpent bien et je choisis donc de faire la première partie rapidement, à corde tendue, en m’arrêtant après les passages plus difficiles pour faire un relais et les assurer.
On avance bien, et on rattrape la cordée qui nous précède, deux gars qu’on ne connaît pas. Je profite d’un moment d’hésitation de leur part pour les doubler alors qu’on attaque la portion de traversée horizontale. Curieusement, alors que cette section est plus facile que celle qui a précédé, la sensation de vide semble impressionner Martine et Véronique, et notre progression ralenti un peu. La traversée est longue. On croise des cordées qui sortent des voies de la face nord, et on arrive finalement à la descente. La désescalade est un peu laborieuse, mais on arrive finalement avant 16h à une petite sente qui promet de nous ramener au refuge et de là, à la voiture. On a bien marché. :)
Le magnifique profil de l'Aiguille de la Vanoise :

Les copains derrière nous sur l'arête :

Martine et Véronique dans la traversée (au fond, la Grande Casse)

Le bouquetin vu à la descente :

Après une journée de repos, je retourne à la Grande Parei le 21 juillet, cette fois avec Vanessa et Jeanne – je m’étais vraiment amusé sur cette paroi en juin, et je voulais y retourner. On vise Sonatine, une autre belle voie de 6 longueurs. On est dans l’ambiance dès la première longueur, dans laquelle un surplomb me donne un peu de mal et oblige Jeanne et Vanessa à se reposer un peu sur la corde. Les quatre longueurs qui suivent sont simplement agréables à grimper, la météo est bonne, les cloches des vaches sonnent – bref, que du plaisir. La dernière longueur est la longueur clé de la voie. Un surplomb horrible, dans lequel je dois tenir sur un coincement de main pour protéger et finalement sortir des difficultés. Ouf! Vanessa et Jeanne passent ensuite chacune à leur tour – un gros merci à la corde! On redescend sur les mêmes rappels que pour Clef au pâtre.
L'itinéraire des voies :

Le 22 juillet, on va à la Pierre à Crêpa, une belle voie sans engagement, avec Alice, Thibault et Jean-Jacques. Je suis encordé avec Alice et je peux constater sa progression depuis l’été dernier : elle a gagné en technique et en confiance. Jean-Jacques suit Thibault, qui fera toute la voie en tête; c’est le premier été que je grimpe avec lui. Il à 16 ans, il s’est entraîné régulièrement cette année, et il grimpe bien, le jeune!
L’escalade est délicate, c’est assez raide sans jamais dépasser la verticale, et il faut trouver des équilibres sur des petites prises de pieds et de mains. C’est de l’escalade cérébrale comme j’aime. Une superbe voie – arrivés en haut, on est tous bien contents :)
Thibault en tête dans la voie :

Jean-Jacques dans la dernière longueur :

Au sommet :

Le 23 juillet, Nono et Marie-Paule se joignent au club pour une petite journée de grimpe avec les copains. Ce sera La Balade des Joyeux Marmottons, une voie pas trop dure en face nord de l’Aiguille de la Vanoise. L'approche est connue, et on trouve l'attaque de la voie sans problème, mais le rocher est vraiment froid et gèle un peu les doigts. Je suis encordé avec Alice et Marie-Paule; Nono suit avec Jean-Jacques. À part trois pas plus techniques, l’ensemble de la voie est plutôt facile et on ne traîne pas trop : le soleil nous attend en haut et on a hâte d’y être.
Marc au pays des géants - Marie-Paule et Nono ont clairement un avantage sur moi pour les marches d'approche!

Dans la voie (cliquez sur la photo pour voir Nono chasser Marie-Paule du relais!)

Le 24 juillet, je retourne à l’Aiguille de la Nova avec Yves (avec qui j’avais grimpé derrière Alain en face Sud de la Meije l’an dernier - voir la Pierre-Alain). On veut faire le Pilier Sud, que le gardien du refuge de la Balme m’avait fortement recommandé en juin. Il y a peu de volontaires, car l’approche est un peu laborieuse, et la voie longue (450m plus une traversée d’arêtes) et pas facile. Mais Yves est largement au niveau. Plus que moi d’ailleurs, et ma journée va se transformer en « festival de la triche »…
On se lève à 6h30, puis notre bolide nous amène au stationnement, et de là, deux heures d’approche nous sont nécessaires pour arriver au pied de la voie. Il est 10h.
C’est Yves qui fait la première longueur en tête. Ça démarre sec : petits surplombs et dalles délicates. En tête dans la deuxième longueur, je choisis la solution de facilité : je triche plutôt que de forcer des doigts dans un surplomb qui ne me plait pas… Je triche à nouveau un peu plus haut, dans un passage moins dur mais dans lequel je me suis mal engagé :(
Heureusement, une section facile me permet d’apporter une bonne contribution : j’enchaîne quatre longueurs à pleine vitesse – et nous voilà au pied de la dernière section, deux magnifiques longueurs. Que du bonheur! On est en haut à 14h. Le ciel est limpide, et on bénéficie d’une belle vue sur le Mont-Blanc. On reconnait également le Vercors et le Cervin.
Je connais la traversée pour l’avoir faite avec Nono et Marie-Paule en juin, et cette fois elle ne nous prend que deux heures. On se paie même le luxe de faire la sieste à la descente : c’est la dernière journée en montagne d’Yves et il compte bien en profiter au maximum.
L'itinéraire :
Yves dans la voie :

Yves en tête dans la voie :

Moi dans une belle dalle


Yves sur le pilier sud :

Le Mont Blanc vu depuis le sommet de l'Aiguille de la Nova :

Dans la traversée, devant le Mont Blanc :

Le 25 juillet est mon dernier jour, et je fais l’ascension de l’arête ouest du Petit Arcelin, en réversible avec Thibault, et suivi de deux autres cordées (Didier-Philippe, et Julien-Gérard). L’ambiance est relaxe, sympa, et j’en profite pour montrer à Thibault comment enchaîner des longueurs pour aller plus vite. De son coté, il me montre comment passer les sections dures sans tricher… Sales jeunes! ;)
La descente à pied est un peu délicate, sur de petites vires encombrées de roches instables, mais elle est sans doute plus rapide que la descente en rappel, et on est bientôt en bas, à manger nos sandwichs en regardant la voie qu’on vient de grimper.
Thibault dans l'arête :

Globalement, deux bonnes semaines, même si j'ai pas toujours grimpé à mon meilleur, dans un coin agréable et magnifique, avec les copains :)

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