Je comptais bien continuer dans cette voie, pour enfin profiter de l’immense potentiel du Québec. Contrairement au rocher, les cascades de glace sont capricieuses; elles ne se forment que quand les conditions sont favorables : du froid, de l’eau et je ne sais pas quoi encore qui fait que la glace est abondante et solide. Aussi, la glace peut être belle et solide un jour, pour devenir cassante le lendemain, selon la température et l’exposition au soleil. Mais grâce à son climat, le Québec offre une quantité phénoménale de cascades de tous niveaux – c’est le paradis de la glace, ici!
Cette année, l’hiver a attaqué tôt et fort : certaines cascades étaient en condition dès fin novembre. Et depuis, Dame Nature a été généreuse : deux fois plus de neige que d’habitude à Montréal, et de la belle glace partout! :)
J’ai commencé la saison en douceur, en grimpant des cascades faciles et connues (parois d’initiation à Shawbridge, un-endroit-qu’il-ne-faut-pas-nommer, Lac Sylvère, Montagne du Tranchant, route de la ferme) pour reprendre progressivement confiance.
Puis le 28 janvier, je suis allé grimper avec Patrick Cadieux. J’avais déjà rencontré Patrick l’an dernier, et il m’avait donné plein de bonnes informations pour planifier le voyage dans les Rocheuses, mais on n’avait pas encore eu l’occasion de grimper ensemble. On est allé à Mastigouche, un très beau site dans Lanaudière (nord-ouest de Montréal). C’est beau, mais heu… c’est raide! Patrick a pas mal plus d’expérience en glace que moi, et du coup j’ai pu suivre et grimper en moulinette dans de la glace verticale horrible dans laquelle je n’aurais pas osé me lancer en tête. C’était raide, mais je suis bien passé, et ça m’a permis de franchir une barrière psychologique, me donnant confiance pour essayer de monter en niveau et m’attaquer à des cascades plus difficiles qu’avant.
Ce jour-là, j’ai aussi réalisé dans quoi je suis bon : le vélo en descente, la roche dans les voies faciles, et les cascades en second ;)
Quelques jours plus tard, on re-grimpe ensemble, avec Édith et un copain de Patrick. On va à Shawbridge, et pour la première fois, je me sens prêt à grimper les Diablerets en tête. Les Diablerets, c’est une belle cascade bien verticale (coté WI 4+), assez longue (45 m) et que j’avais regardé plusieurs fois de loin sans jamais oser m’y lancer. Je pars avec 9 vis à glace et seulement 5 ou 6 dégaines. Le début se fait assez bien, puis j’attaque la section raide, en protégeant régulièrement. Mes mains fatiguent, et je regarde avec un peu d’inquiétude la hauteur qu’il me reste à franchir, me demandant si j’aurai assez d’énergie pour me rendre en haut. Finalement j’arrive à la dernière section, plus facile; je n’ai plus de dégaine, et je dois en bricoler avec des sangles et des mousquetons libres… C’est mon premier lead à ce niveau, dans une voie magnifique et je suis bien content. Je suis également complètement vidé, j’ai un peu ml aux doigts (je suis allé grimper à l’intérieur la veille) et je passe le reste de la journée à regarder les autres grimper.
Édith dans Devil's Tooth, à droite des Diablerets - et plus dur!

Quelques jours plus tard, je reviens avec Pascal, un copain français fraîchement débarqué, et je refais les Diablerets, en gérant bien mon stress et mon énergie. Même pas fatigué! :)

2 commentaires:
ah!!!!enfin des news!!!de la glace de la belle!!!ça me fait rêver!!!la derniere fois que j'en ai vu c'etait dans un verre de coca!!!
tout cela me donne bien envie de venir voir ça de plus près l'hiver prochain avec le vol direct point à pitre montreal!!!
bises, je retourne lire les autres articles!!!
Bonne idée! Je suis sûr qu'il y a des vols à un prix très raisonnable.
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