

Mauvaise nouvelle : Assiniboine, qui croule sous une couche de neige fraîche n’est pas en condition. Normalement, en été, la montagne est libre de neige, et l'ascension se fait entièrement en rocher.
On décide d’ « aller y voir », avec deux espoirs : soit qu’il fasse assez chaud pour que la neige fonde aujourd’hui et demain, soit qu’il fasse assez froid et qu’on puisse monter en conditions « hivernales », dans de la neige dure.
Je me lève tôt et vais à l’auberge pour récupérer le sac de matériel, puis on prend le petit déjeuner, on traîne un peu au camping, on fait sécher nos affaires, puis on prépare enfin les sacs et on se met en route vers le refuge à 13h. On monte par la « Gmoser Highway », du nom d’un grimpeur du bon vieux temps. En fait d’autoroute, c’est un cheminement au milieu de la paroi sous le refuge, avec des pas d’escalade et de désescalade faciles, mais effectués avec un gros sac à dos.
En haut de la falaise, Jas et moi tournons un peu tôt à droite, puis on retrouve le bon itinéraire et on fait la dernière portion de la montée dans la neige.



Il n'y a que deux autres grimpeurs au refuge, Steve et Dana; ils sont du coin et sont montés en une journée par un itinéraire obscur, dans le but de répéter demain une voie dans la face Est qui n’a été faite qu’une seule fois. Ils ont l’air solides et à leur affaire. Selon eux, on devrait pouvoir grimper Assiniboine demain, même avec les conditions actuelles. C'est bien qu'on ne soit pas trop nombreux dans le refuge, car l'aménagement est plutôt spartiate : deux couchettes pour 6 personnes chacune, une table, quelques chaises et une cuisinière à gaz.
Jasmin et moi allons repérer l’approche, et la marquons avec deux kairns et beaucoup de traces dans la neige, pour pouvoir refaire le chemin de nuit.
À 20h, on allume la radio pour contacter l’auberge et prendre la météo. Prédiction : 30% de probabilité de pluie cette nuit et demain matin :(

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