Mais les choses ne se passent jamais comme prévu : l’heure du départ a été fixée à 5h, mais j’ai compris que l’heure du lever était 5h. Donc dès le réveil, je suis en retard :( Je me dépêche, et tente de rattraper un peu du temps perdu en adoptant une conduite « sportive » sur la route qui mène au Pré de Madame Carle.
Bernard est mon partenaire; c’est son premier stage d’escalade en montagne, et une de ses premières grandes voies en altitude. On monte d’abord au refuge du Glacier Blanc; la vue sur le bas du glacier est toujours aussi magnifique. Je petit-déjeune au lance-pierre, et me renseigne auprès de la gardienne du refuge pour lever une ambiguïté concernant le départ de notre voie. Je consulte la météo, et elle est mauvaise : orage probable dans l’après-midi.
On monte ensuite en suivant une moraine, puis un pierrier. Mais je me suis mal compris avec la gardienne, et on se retrouve au mauvais endroit. On doit donc redescendre le pierrier, puis remonter un pierrier voisin. Yves et Sophie, qui devaient faire la même voie que nous, sont dans une voie plus à gauche. De mon coté, je choisit un départ peut-être un peu trop à droite, mais avec une possibilité facile pour rejoindre le voie au pied d’un grand dièdre caractéristique, au début des difficultés. Avec tous ces retards, il est déjà 9h.
Itinéraire approximatif de la voie :

On avance à corde tendue dans du terrain facile, puis je fais relais au pied du dièdre. Le début de la longueur est raide, sur de petites prises, mais ça passe. Bernard suit sans problème. Ensuite, surprise, la voie quitte le dièdre pour monter dans la face juste à droite. Les longueurs qui suivent sont belles, variées, bien protégées, aériennes, sur du bon rocher et dans une belle ambiance montagne. Que du bonheur. Bernard est très content :)
Bernard dans la face qui longe le dièdre :

... sur l'arête :

... et au début de la grande traversée :

On avance bien, et on arrive en haut vers midi. Le ciel s’est couvert, on est content de notre journée, et je ne sais pas combien de temps il nous faudrait pour faire l’Arête des Cinéastes. On décide donc, prudemment, de redescendre au refuge et d’y attendre les autres. Yves et Sophie, arrivés une heure avant nous au sommet, se sont lancé dans l'Arête des Cinéastes, eux. Mais l’honneur est sauf : on reçoit quelques gouttes de pluie pendant la descente.
L'ambiance à la descente; il reste encore un petit coin de ciel bleu :

Au refuge, on mange une bonne omelette en observant une marmotte apprivoisée (pervertie?) vient quémander de la nourriture aux tables. Les autres arrivent alors que je fais une petite sieste; tout a bien été pour tout le monde.
La marmotte du refuge :

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