18 septembre 2006

Ascension du Huayna Potosi - 6,088m

Le Huayna Potosi était notre première cible pour réaliser un 6,000. À 6,088m, c'est le 6,000 le plus parcouru/tenté de Bolivie. À part l'altitude, il présente peu de difficulté technique : une rimaye assez ouverte cette année, et une pente de neige terminale assez raide et longue (et couverte de pénitents).

Vue du Huayna Potosi depuis le sud-ouest, prise lors du trek :

Vues depuis le camp de base (Zongo Pass). En cliquant sur la 2ème photo, on obtient sa version "XXL" (accès haute vitesse recommandé), sur laquelle on peut distinguer l'itinéraire de montée au refuge/camp d'altitude, le refuge (qui ressemble à une petite chapelle à toit vert), et le début de l'itinéraire d'ascension (dans la pente de neige au-dessus et à gauche du refuge).


Et pour vous simplifier la vie, voilà la même photo, avec l'itinéraire:


Le 16 septembre, le trek nous a amené au "camp de base" du Huayna Potosi, Zongo Pass. En pratique, un col par lequel passe une route de terre et sur lequel a été construit un barrage hydro-électrique. Pas très beau et un peu sale. On y a campé une nuit. Il y aussi un petit refuge qui a l'air propre et sympa (et avec toilettes...).

Le 17 septembre, on monte au camp d'altitude (camp alto), une courte montée de 400m pour laquelle trois porteurs transportent le gros de l'équipement (dont une version réduite de la tente mess). Le petit refuge qui s'y trouve semble fermé.

On s'installe, on boit du thé, on dit bonjour à des Espagnols rencontrés au Condoriri et qui reviennent du sommet épuisés, on apprend des jeux de cartes à Gustavo, il nous apprend d'autres jeux de cartes, et finalement on se met au lit avant 9h.




Le 18, lever à 1h du matin et départ à 2h, bien sûr après un bon petit-déjeuner.

Par égard pour ma grande lenteur, je passe en tête, afin de donner un rythme lent et continu à la cordée. En arrière, Vincent fait des allers-retours pour se tenir chaud et vaincre l'ennui mortel provoqué par mon train de sénateur... Ceci dit, ça paie : on n'a pas besoin de s'arrêter pour souffler, et du coup on rattrape un groupe d'italiens menés par un guide bolivien et parti avant nous. Deux d'entre eux font demi-tour.

Au fur et à mesure de l'ascension apparaissent les lumières de La Paz, réconfortantes dans l'obscurité.

On arrive à la rimaye, très ouverte cette année (ou en cette fin de saison). Vincent la passe en tête sans problème. Mauvaise nouvelle : le court arrêt imposé par cet obstacle nous a refroidi. 20 minutes plus tard, il faudra faire un arrêt pour que Sophie puisse réchauffer ses doigts engourdis.

Dans une longue ligne droite, je me sens faiblir et mon attention baisser. Il faut s'arrêter pour que je refasse le plein de glucides et d'eau. Bonne nouvelle : on est au pied de la pente terminale - encore 150m et on y est!

Les deux derniers italiens et leur guide font demi-tour. Je mange un peu, je bois un peu pendant que le soleil se lève, puis on repart. Je ne ressens pas de symptôme de l'altitude (ni mal de tête ni nausée), si ce n'est une grande fatigue.
Le magnifique lever de soleil sur la mer de nuages :


Vincent part en tête pour cette dernière pente, très éprouvante. Elle est couverte de pénitents, ces stalagmites de neige formée par l'action du soleil, typiques des Andes. Ils n'ajoutent pas de danger, au contraire, mais ralentissent progression et la rendent éprouvante. Cette dernière portion de l'ascension me voit souvent les deux mains et la tête posée sur mon piolet pour retrouver mon souffle.

On arrive finalement au sommet à 7h30 (merci Vincent pour ta patience!), soit 5h30 pour l'ascension, un horaire honorable pour cette montagne. Je n'ai qu'une envie : faire un petit somme réparateur. En pratique, je me repose les yeux deux minutes pour retrouver l'énergie nécessaire pour prendre les photos, boire, et repartir. Dans ces moments-là, la question se pose très fort : pourquoi on fait ça? Est-ce que j'ai envie d'aller souffrir comme ça sur une autre montagne dans un futur proche? (rassurez-vous, la mémoire étant une faculté qui oublie, l'envie de remonter revient assez rapidement)

On prend les photos au sommet - aujourd'hui, ¡Todo posible!



Quelques photos depuis le sommet et à la descente :






La redescente ne nous prend qu'une heure et demie, et à 9h30 nous sommes de retour au camp d'altitude, épuisés mais contents. Quand Gustavo nous demande "fatigués?", on lui répond "non!", mais il n'est pas dupe et nous laisse le temps de manger et boire un thé avant de commencer à remballer toutes les affaires. On redescend dans la foulée à Zongo Pass, où nous ramasse (pas d'autre terme...) la jeep pour rentrer à La Paz.

L'équipe à Zongo Pass, attendant la jeep :

Accroupi : Gregorio, muletier et porteur.
Debout, de gauche à droite : le fils ainé de Gregorio (porteur), le "farceur édenté" (super-porteur), Sophie, Vincent, Gustavo (cuisinier) et ma pomme.

Aucun commentaire: