09 juillet 2006

Dolomites, troisième journée

Quelques mots sur Nik.
On n’avait jamais grimpé ensemble avant d’aller dans les Dolomites, mais on s’était vu deux fois sur les parois, à Val David et aux Gunks - dont une fois où il m’avait donné un coup de main. Mais, surtout, il m’avait été recommandé par Dan, et on avait pris le temps de se rencontrer à Montréal pour confirmer que nos objectifs étaient bien les mêmes : faire des grandes voies pas trop difficiles et s’amuser. Il s’est révélé être un excellent partenaire : meilleur que moi au niveau technique, il avait moins d’expérience en grande voie et en montagne en général, donc on s'est bien complété. D’autre part, il a un bon sens de l’humour, cuisine bien et est toujours soucieux de sécurité. Bref, super !

9 juillet 2006 - Ascension du Pouce
La météo pour la journée n’est toujours pas idéale, mais on se donne un bel objectif : l’ascension du Pouce, suivie potentiellement par la traversée des Cinque Ditte (Cinq doigts), également nommés Funffingerspitzen. Les Dolomites étant une ancienne province autrichienne rattachée à l’Italie en 1918, les sommets ont des noms italiens et allemands. Incapable de prononcer le nom allemand, je l’ai renommé « Fou-Wiener-Schnitzel » ...

Sur la photo ci-dessous, on voit de gauche à droite : le Sassopiatto (2,964 m), les Cinque Ditte (2,998 m) et le Sassolungo (3,181 m). La voie part de l’arrivée du télécabine au col entre les Cinque Ditte et le Sassolungo (on devine la bâtisse dans l’ombre du col), puis suit l’arête à gauche du col pour monter en haut de la première aiguille bien identifiée. De là on redescend au col situé entre le pouce et les autres doigts pour poursuivre l’ascension ou redescendre.



L’ascension du pouce est une voie classique, très parcourue. On se lève donc tôt pour attraper la première benne à 8:15, et arriver au pied de la voie avant les autres cordées.

À un quart d’heure de marche de l’arrivée du télécabine, l’attaque de la voie est à droite du petit névé, dans des rochers pourris (malgré toutes mes précautions, Nik en reçoit trois sur le casque), pour rejoindre la vire inclinée en rocher encore plus pourri qui mène au petit col.



Ensuite, la voie suit l’arête jusqu’au sommet.



Après quelques longueurs faciles mais courtes et dans un terrain qui nous oblige à faire des longueurs, on arrive dans la portion finale et raide de la voie. Pour être efficaces, on a convenu d‘enchaîner les longueurs à corde tendue (simul-climbing) lorsque ce serait possible. Du coup, Nik enchaîne les deux premières longueurs, et mon tour venu j’enchaîne les trois dernières, dans une ambiance sauvage et aérienne. L’arête est superbe, le rocher sain, la protection suffisante. On n’a pas pris de risque inutile, mais on a la satisfaction d’avoir laissé sur place les deux Italiens qui nous suivaient.




Nik au sommet, sur « l’ongle du Pouce ».



Pendant notre ascension, les nuages se sont formés, et quelques alternances averse légère – brouillard nous ont convaincu de ne pas tenter la traversée complète des Cinque Ditte.
Autant l’itinéraire de montée était évident, autant l’itinéraire de descente est délicat : montés par l’arête nord, il faut faire les premiers rappels en face sud, avant de contourner la base du Pouce pour finalement arriver au col d’où on est partis.
Au sommet, on n’arrive pas à réconcilier les indications du topo avec la réalité, et le premier rappel est un peu hasardeux. Heureusement, grâce aux indications générales fournies par deux suédoises rencontrées la veille, à un peu de flair et un peu de chance, on effectue la descente sans problème.




Le soir, au menu : pâtes au ricotta et épinard, dans une sauce maison « à la Nik ».



En prime, juste pour vous donner le goût d'y aller, voilà quelques photos sympas des Cinque Ditte et des deux massifs qui les encadrent :




1 commentaire:

Anonyme a dit...

Marc,

Pour recevoir la louange de quelqu'un comme vous sera obligé à recevoir l'haute louange en effet ! Comme il a dit, nous n'avions pas partagé une corde une fois avant d'aller aux dolomites, mais Marc a exsudé une confiance calme dans les montagnes qui ont permis me relâcher et apprécier nos environs comme nous sommes montés. Surtout, nous nous amusions, a mangé bien, et est monté comme rapidement et avec attention de la securite de nous comme la jouissance a permis. Je rentrerais avec Marc n'importe quand aux dolomites ou d'autre parois quand une opportunite present. Merci Marc pour tes mots sympa!